Notre
culture occidentale judéo-chrétienne a tissé des mythes autour de la sexualité
anale. Tantôt taxée de sale et honteuse, elle est rarement abordée autrement
qu’au niveau anatomique. L’anus reste une zone érotique taboue, et beaucoup pensent
encore que le plaisir anal est un vice ou une perversion, souvent réservé aux
homosexuels. La découverte du SIDA n’a pas arrangé les choses, stigmatisant
encore plus les adeptes de ce plaisir.
Or,
force est de constater que la plupart des couples ont au moins essayé une fois
la sodomie, et 20 à 45% d’entre eux la pratiqueraient régulièrement selon les
études.
Car l’anus et le rectum sont le siège de nombreuses terminaisons
nerveuses extrêmement sensibles à la stimulation et à la pénétration.
Les femmes
peuvent ainsi ressentir des sensations plus intenses que celles ressenties par
la voie vaginale, et le plaisir de l’homme est augmenté par l’étroitesse du
canal. Le point G peut être stimulé pendant un rapport anal, et quand c’est
l’homme qui est pénétré, une stimulation de sa prostate et de sa base du pénis
est généralement observée.
Au
niveau anatomique, le sphincter anal externe (communément appelé
« anus »), s’ouvre sur une zone particulièrement sensible au
plaisir : le canal anal. Il mesure entre 2 et 5 cm, et débouche sur le
rectum. Ce canal possède des tissus qui s’engorgent de sang pendant
l’excitation, comme ceux du clitoris ou du pénis. Il possède aussi une grande
capacité d’extension si les sphincters sont détendus. Le rectum quant à lui
mesure une douzaine de centimètres, et est plus large que le canal anal, mais
lui aussi est doté d’une capacité d’extension. Nous
constatons donc que le canal anal ainsi que le rectum peuvent tout à fait être
pénétrés. Cependant, il existe une grande différence entre cette capacité à
être pénétrer, et le désir ou l’envie de l’être. En effet, une pénétration
anale demande beaucoup de communication et de confiance dans le couple. C’est
pourquoi il est préférable d’en discuter en couple avant de la pratiquer.
Le maître
mot alors est le « désir » : on le fait que parce qu’on le
désire vraiment.
Mais
d’autres éléments sont à prendre en considération. Une pénétration anale ne
doit en aucun cas être douloureuse, même un peu. Si elle l’est, c’est que vous
n’êtes pas suffisamment préparés à cette pratique, et surtout, vous risquez des
lésions anales. Car effectivement, une certaine préparation est indispensable
avant : les pénétrations doivent se faire très progressivement, et pas
forcément avec un pénis au début. L’utilisation d’un lubrifiant est
indispensable, ainsi qu’un préservatif en latex non rainuré. Enfin,
la question du lavement se doit d’être abordée. Certains le pratique
systématiquement avant tout rapport anal. Cependant, nul besoin de se faire un
lavement pour avoir une pénétration anale sûre et propre. Car un nettoyage
régulier, une bonne hygiène intime et une bonne protection, rendent l’anus
suffisamment propre.
Quoiqu’il
en soit, si vous avez des questions quant à cette pratique, ou si vous
souhaitez des conseils pour commencer, n’hésitez pas à contacter un sexologue,
il saura répondre à vos questions.
Caroline LE ROUX
Sexologue